Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/375

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CHAPITRE IV


De l’union des deux Canadas jusqu’à la démission du cabinet Lafontaine
(1840-1851)


L’Angleterre avait suivi, non sans inquiétude, les phases d’une insurrection qui menaçait, si elle avait pu compter sur le secours des États-Unis, de lui enlever ses dernières possessions dans l’Amérique du Nord. Lord Durharn, le prédécesseur de sir John Colborne comme gouverneur du Canada, avait été chargé d’aller faire sur place une enquête afin d’éclairer le Gouvernement et le Parlement anglais sur les changements qu’on sentait la nécessité d’apporter à l’état des choses et, en particulier, à la constitution de 1791, instrument désormais faussé et hors d’usage. Toute la politique de lord Durham était d’étouffer, si possible, la nationalité canadienne française, trop vivace à ses yeux et de donner une prépondérance exclusive à l’élément anglo-saxon. On lui prête ce mot typique : « Le Canada doit être anglifié, dût-il pour cela cesser d’appartenir à la Grande-Bretagne. »

Son projet, qui fut d’ailleurs adopté, dans tous ses articles, par le Parlement britannique, était, en effet,