Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/384

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passer qu’une dizaine de leurs candidats. Finalement, à l’ouverture du second Parlement, le cabinet Viger-Draper se trouvait en possession d’une majorité de quelques voix.

Mais l’opposition, conduite par les ministres démissionnaires, MM. Lafontaine et Baldwin, était assez nombreuse et assez compacte pour que le gouvernement dût compter avec elle, à toute heure. Aussi l’une des premières mesures de l’administration, en quête de popularité, fut-elle de demander à la reine une amnistie générale pour tous les condamnés qui avaient pris part aux mouvements insurrectionnels de 1837-1838. Cette amnistie ne fut accordée formellement par le gouvernement anglais, que six ans plus tard, en 1849 ; mais, dès 1843, par l’effet de grâces particulières, les portes des prisons se rouvrirent pour une foule de détenus politiques, et plusieurs exilés, entr’autres le célèbre Papineau, furent admis aussi à franchir le seuil de leur terre natale. Papineau, qui avait cherché un refuge en France, revint au Canada en 1845 ; les Canadiens français lui firent une véritable ovation.

Ce ministère conservateur prit encore l’initiative de proposer une adresse à Sa Majesté britannique pour demander l’abrogation de la clause de l’Acte d’Union qui proscrivait l’usage légal de la langue française. Cette motion fut reçue aux applaudissements unanimes de l’Assemblée et votée aussitôt par acclamation.

    qu’un gouverneur montrât de la sympathie envers la minorité, pour que cette minorité devînt la majorité : c’est ce qui a fait souvent la faiblesse et l’embarras des gouvernements. Les Bas-Canadiens étaient beaucoup plus fidèles à leurs principes… » Louis P. Turcotte. Le Canada sous l’Union, p. 166.