Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/412

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conditions où ce vote les mettait vis-à-vis de leurs collègues.

La majorité conservatrice n’était pourtant pas entamée par ce vote ; aussi le Cabinet qui sortit de cette crise, le cabinet Et. Taché-Mac Donald, ne fut-il guère qu’une transformation du ministère précédent, dont il continua de tout point la politique. Néanmoins la même difficulté contre laquelle avait échoué son prédécesseur allait bientôt se trouver au travers de sa route, compliquée de la question désormais posée de savoir si un ministère devait rester en fonctions lorsque la majorité de la Chambre lui étant acquise, il avait en même temps contre lui la majorité des représentants de l’une ou l’autre des deux provinces.

Pour comble d’embarras, le Conseil législatif, qui était à la veille de son premier renouvellement électif, s’avisa de faire acte d’opposition, en rejetant le crédit de 200,000 piastres pour la construction des édifices parlementaires à Québec. Dans ces conditions, et la question s’embrouillant de plus en plus, la Chambre décida, à la majorité de 61 voix contre 50, de s’en remettre à la reine d’Angleterre du soin de la résoudre en choisissant elle-même la capitale. Quelque temps après, la reine faisait connaître sa décision. À la surprise générale, son choix n’avait porté ni sur Québec, ni sur Montréal, ni sur Toronto, qui se disputaient les prétentions à cet honneur, mais sur une ville naissante, une bourgade dont le nom, la veille encore, était à peu près inconnu : Ottawa, sur la rivière Outaouais, affluent du Saint-Laurent. Les conseillers de la reine s’étaient décidés, paraît-il, pour des raisons stratégiques, éloignant la capitale de la frontière américaine,