Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/415

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contraire, à la Chambre une majorité de clear grits décidés à emboîter le pas à M. Brown dans toutes ses protestations.

Le nouveau Parlement était à peine convoqué et le ministère constitué sous la direction de MM. Mac Donald et Cartier (celui-ci remplaçant comme chef de la section française M. Et. Taché, démissionnaire) que M. Brown faisait sa motion d’une représentation parlementaire basée sur la population, sans égard à la ligne de séparation entre le Haut et le Bas-Canada. Tous les députés du Bas-Canada votèrent contre cette motion qui fut repoussée ; mais la majorité des mandataires du Haut-Canada s’étant au contraire prononcée pour la motion, M. Brown reprit ensuite la querelle sur le terrain de la « double majorité » nécessaire, suivant lui, au ministère et sans laquelle le gouvernement parlementaire cessait, toujours d’après lui, d’être une vérité. On pouvait lui répondre, et on lui répondit, qu’en droit le principe pouvait être excellent, mais qu’en fait il était inapplicable, l’opposition n’étant pas plus capable que le Cabinet de rallier cette double majorité tant prônée.

Ce débat divisait tous les esprits et menaçait de s’éterniser sans avancer vers une solution, quand la question de la Capitale, soulevée de nouveau à propos d’un amendement au budget, vint donner à l’opposition l’occasion, qu’elle cherchait depuis si longtemps, de mettre le ministère en minorité dans les deux provinces. Un député, M. Piché, avait proposé de déclarer que, dans l’opinion de la Chambre, la ville d’Ottawa ne devait pas être le siège du gouvernement. Le Ministère déclara qu’après le vote de la Chambre s’en