Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/421

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pour avoir l’appui des démocrates du Bas-Canada. Une fois reconstitué, le ministère fit connaître son programme à la Chambre ; c’était un programme de conciliation qui, entr’autres points, maintenait le principe de l’égalité de représentation entre les deux provinces, et repoussait par conséquent la prétention des clear grits du Haut-Canada d’avoir une représentation proportionnelle à la population. Le nouveau Cabinet promettait aussi d’appliquer le système de la double majorité entendu de telle sorte qu’aucune loi ne serait imposée à l’une des deux provinces sans la volonté de ses élus.

Les députés du Bas-Canada, même ceux qui avaient soutenu l’ancien ministère, surent gré au Cabinet libéral d’avoir introduit dans son programme ce principe de l’égalité de représentation et beaucoup d’entre eux se rangèrent autour des nouveaux ministres. En revanche, M. Brown attaqua violemment dans son journal la politique ministérielle et taxa de trahison la conduite de quelques-uns des ministres du Haut-Canada qui avaient naguère soutenu avec lui le programme de la représentation proportionnelle. À quelque temps de là, M. Dorion ayant cru devoir sortir du Cabinet, parce qu’il différait d’avis avec ses collègues sur l’opportunité de construire le chemin de fer dit Intercolonial (parce qu’il devait unir le Canada aux autres colonies britanniques du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse), le ministère se trouva encore affaibli par cette démission. Il fut ensuite et successivement ébranlé par des votes à demi-hostiles sur deux ou trois questions, comme celles des écoles confessionnelles et de l’élévation de certains tarifs pour faire face aux difficultés du budget. Finalement, il se trouva en