Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/426

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


chaque province son autonomie pour l’administration de ses affaires intérieures, cette idée s’était déjà présentée à beaucoup d’esprits, comme le meilleur moyen d’en finir avec les rivalités tenaces des deux Canadas et de développer, en même temps que l’indépendance, les ressources et les relations du pays. Un ministère de conciliation se forma pour étudier les voies et moyens qui devaient conduire à ce résultat. M. Brown et les clear grits du Haut-Canada y entrèrent côte à côte avec MM. Taché, Cartier, et les conservateurs du Bas-Canada. La presque unanimité de l’opinion, dans les deux provinces, se réjouit de cet accord des hommes politiques des deux partis et donna son approbation aux vues qui les avaient réunis.

Restait à faire passer dans les faits l’idée, indécise encore, de la confédération canadienne, et ce ne pouvait être là l’œuvre d’un jour. Il y fallait, outre l’approbation du Gouvernement de la métropole, sur laquelle on savait déjà pouvoir compter, l’adhésion des diverses colonies britanniques de l’Amérique du Nord : le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, l’île du Prince-Édouard et Terre-Neuve, sans parler des vastes terrains du nord-ouest qui appartenaient à la Compagnie de la baie d’Hudson, sous la suzeraineté de la couronne d’Angleterre.

Le 10 octobre 1864, eut lieu à Québec, sous la présidence de M. Étienne Taché, une grande conférence entre les délégués du Canada et ceux des provinces intéressées. Après seize jours de délibérations, l’entente se fit entre les délégués sur une série d’articles qui devaient servir de base au projet de confédération. Les principaux de ces articles étaient ceux qui insti-