Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/451

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inégale et dans lesquelles la population d’origine et de langue française se trouve aussi fort inégalement répartie : la province de Québec (ci-devant Bas-Canada) ; la province d’Ontario (Haut-Canada) ; la Nouvelle-Écosse ; le Nouveau-Brunswick ; l’île du Prince-Édouard ; le Manitoba ; la Colombie britannique et enfin le territoire du Nord-Ouest.

Le gouvernement fédéral a sa capitale à Ottawa, sur la rive droite de l’Outaouais. Ottawa est une ville neuve qui, fondée depuis vingt-cinq ans à peine, compte aujourd’hui près de 30,000 habitants[1]. C’est par des considérations stratégiques à la fois et politiques, et pour couper court aux disputes de préséance entre les anciennes cités canadiennes, Québec, Montréal, Toronto, que le cabinet de Londres a fixé à Ottawa le siège du gouvernement canadien. Depuis lors, on y a élevé de beaux monuments, entre autres le palais du parlement, vaste et imposant édifice, d’un style moitié gothique, moitié rocaille, qui rappelle assez bien, nous l’avons dit, le palais de Westminster où sont logées, à Londres, les Chambrer des Lords et des Communes.

La métropole britannique, qui n’exerce plus guère vis-à-vis du Canada qu’une suzeraineté toute nominale, est représentée auprès de la Puissance par un gouverneur général. Ce gouverneur, — c’était naguère le marquis de Lorne, gendre de la reine Victoria ; c’est aujourd’hui le marquis de Lansdowne, — est une

  1. 27,417 d’après le recensement de 1881. Hull, qui se trouve en face sur l’autre rive de l’Outaouais et qui n’est qu’un grand faubourg d’Ottawa, compte, de son côté, près de 10, 000 habitants, la plupart Canadiens Français.