Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/456

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Au sommet de l’édifice de l’enseignement dans la province de Québec sont trois Universités, dont deux protestantes : l’Université Mac-Gill, à Montréal, fondée en 1827, par un riche négociant qui lui a donné son nom[1] et l’Université anglicane de Lennoxville, fondée en 1843. L’Université Laval, de Québec, est exclusivement catholique et l’enseignement s’y fait en français. Cette Université a été fondée, en 1852, par le séminaire de Québec, qui a consacré à cette fondation plus d’un million et demi de francs et qui la soutient, depuis lors, de ses deniers sans subvention de l’État[2].

Les cultes sont libres au Canada comme aux États-Unis et les diverses confessions religieuses se soutiennent elles-mêmes, sans subsides de l’État et sans immixtion du gouvernement dans leur domaine. Si l’on consulte les statistiques de l’ensemble de la confédération, on voit que l’Église catholique-romaine y compte 1,532,000 adhérents, tandis que les diverses confessions protestantes (presbytériens, méthodistes, anglicans, etc.) comptent ensemble environ 2,800,000 membres[3]. Dans la province de Québec, c’est le catholicisme qui domine puisqu’il compte, à lui seul, 1,170,718 fidèles sur une population de 1,358,469 habitants. Sur ces fidèles, qui se recrutent surtout parmi la population d’origine française ou irlandaise, le clergé catholique très bien renté grâce aux dîmes qu’on lui paie très

  1. Cette Université fait une part, dans ses cours, à l’enseignement théologique de langue française. C’est un français de nos amis, M. le professeur et pasteur Coussirat qui est actuellement chargé de ce cours.
  2. Depuis 1876, l’Université Laval a établi une succursale à Montréal.
  3. Les Juifs n’entrent, dans ce recensement, que pour 989 âmes.