Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/468

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landais, 54,923 descendants d’Écossais, 81,515 descendants d’Anglais, le reste appartenant à des origines diverses.

La capitale de la province est Québec, dont nous avons raconté les origines dans la première partie de ce livre.

La cité de Champlain, l’antique capitale de la Nouvelle-France, est, comme la ville de l’Écriture, « située sur une haute montagne et qui ne peut se cacher aux yeux ». Elle domine fièrement le Saint-Laurent, à l’endroit où le fleuve commence à resserrer son lit immense. Sa citadelle, garnie de canons qui se rouillent sur leurs affûts, était occupée, il y a quelques années, par une garnison anglaise, placée là comme dans une sorte de Gibraltar, et chargée de défendre la domination de la métropole. Mais depuis que l’Angleterre a pris le sage parti de laisser le Canada, et même le Canada français, s’administrer à sa guise, les « habits rouges » ont disparu, et l’élément militaire n’est plus représenté, dans toute la Province, que par de braves et inoffensives milices locales qui rappellent, par plus d’un trait, notre ancienne garde nationale.

Bâtie sur une montagne aux pentes abruptes, Québec tire de cette circonstance et de l’antiquité relative de plusieurs de ses quartiers un air d’originalité qui manque à la plupart des villes américaines. Rues étroites, bordées de trottoirs en planches, souvent coupées par des escaliers ; enseignes se balançant au bout d’une tringle de fer comme dans nos petites villes de Normandie ; maisons basses et presque toutes construites en bois, ce qui explique la fréquence des incendies qui ont souvent dévoré les quartiers les plus populeux,