Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/469

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tout contribue à donner à Québec une physionomie particulièrement rare en Amérique, où les villes alignées au cordeau et coupées à angle droit, semblent toutes découpées sur le même damier.

Québec possède plusieurs promenades, très fréquentées pendant la belle saison : « la Plateforme », l’Esplanade, le Jardin du Gouverneur, d’où l’œil embrasse, à perte de vue, l’immense plaine du Saint-Laurent. Au centre d’un « square » ou (comme disent les Canadiens français plus jaloux que nous de notre langue) d’un « carré » de verdure, s’élève un monument de forme quadrangulaire et pyramidale. C’est la colonne de Wolfe et de Montcalm, élevée à la mémoire des deux illustres généraux qui succombèrent glorieusement dans la bataille où se décida, il y a plus d’un siècle, le sort du Canada. — Une inscription latine, en style lapidaire, célèbre la valeur égale et la mort semblable de ces deux héros. Touchant exemple d’impartialité et qui tient évidemment aux conditions particulières du Canada ! la postérité a confondu dans un même hommage les deux implacables adversaires tombés le même jour sur le même champ de bataille et dignes l’un de l’autre jusque dans la mort.

Parmi les autres monuments de Québec, il faut compter le nouveau palais de la Législature provinciale ; l’Hôtel de la Poste, bâti sur l’emplacement de la maison du Chien-d’Or, célèbre dans les annales de la cité québecaise[1], les bâtiments du séminaire et de l’Université Laval, auxquels est joint un musée qui compte quelques bons tableaux de l’École française, entre autres des Philippe de Champagne,

  1. Cette maison tirait son nom d’un bas-relief qu’y avait fait sculpter