Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/67

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soutint vigoureusement les missions commencées, « ce qui ne se ferait point si les associés ne venaient en aide à cette bonne œuvre. » On terminait en déclarant que « M. le gouverneur et les Pères Récollets n’étaient pas satisfaits des commis envoyés sur les lieux pendant l’année précédente. »

Dans le nouveau voyage que Champlain fit en France (1616-1617) pour tâcher de faire agréer ces articles par la cour, il trouva toutes choses en désarroi, par suite des troubles de la Régence. Henri de Condé, chef du parti des princes, ligué contre la reine-mère ou plutôt contre son favori Concini, venait d’être arrêté et enfermé à Vincennes ; et quoiqu’il s’occupât fort peu de sa « vice-royauté » du Canada, Champlain était cependant fondé à dire que « le chef étant malade, les membres ne pouvoient guère être en santé. » Il y eut un moment deux « lieutenants du roi » pour la Nouvelle-France (le maréchal de Thémines étant le second), tous les deux réclamant les mille écus que la compagnie des marchands devait payer au titulaire de cette charge, mais ni l’un ni l’autre n’ayant cure autrement de la colonie. La compagnie des marchands elle-même qui avait, tant bien que mal, survécu à la retraite de M. de Mons et aux intrigues des jésuites, montrait d’autant moins de zèle pour les intérêts de la colonisation qu’à chaque instant elle se voyait menacée de perdre ses lambeaux de privilèges. Les États-Généraux, assemblés en 1618, avaient pris en considération la demande des députés de Bretagne, réclamant la liberté du commerce des pelleteries. Champlain s’employa de toutes ses forces pour empêcher l’effet d’une mesure où il entrevoyait la ruine de la colonie. Il y réussit ; sur quoi les mar-