Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/68

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chands de Rouen et de Saint-Malo, rassurés pour leurs intérêts, lui firent, pour l’année 1619, les plus belles promesses. L’expédition dont ils avaient promis de faire les frais devait comprendre, d’après le mémoire de Champlain[1], « quatre-vingts personnes, y compris le chef, trois prêtres récollets, commis, officiers, ouvriers et laboureurs. » Mais ces dispositions n’eurent pas d’effet. « L’année s’écoula et ne se fit rien, non plus que la suivante que l’on commença à crier et à se plaindre de cette société qui donnoit des promesses sans rien effectuer[2]. »

Tout finit cependant par s’arranger. Le prince de Condé, rendu à la liberté, avait cédé, pour onze mille écus, la lieutenance-générale du Canada au duc de Montmorency. En 1620, Champlain reçoit du roi et du nouveau vice-roi des patentes qui l’établissent lui-même, en qualité de gouverneur de la Nouvelle-France, avec charge « d’établir, étendre et faire connoître le nom, puissance et autorité de Sa Majesté ; et à icelle assujettir, soumettre et faire obéir tous les peuples de la dite terre et les circonvoisins d’icelle et par le moyen de ce et de toutes les autres voies licites, les appeler, faire instruire, provoquer et émouvoir à la connoissance et service de Dieu et à la lumière de la foi et religion catholique, apostolique et romaine, la y établir et en l’exercice et profession d’icelle maintenir, garder et conserver lesdits lieux sous l’obéissance et autorité de sa dite Majesté. »

Fort de cette commission, Champlain repartit pour le Canada, emmenant avec lui sa famille, qu’il avait

  1. Voyage de Champlain, p. 219.
  2. Ibid.