Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/7

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


précier cette merveilleuse vitalité financière et de reprendre confiance dans l’avenir. Les ruines de la guerre et de la Commune ont été relevées, les maisons détruites rebâties, les pendules volées remplacées ; la charrue a creusé de nouveau les entrailles inépuisables du sol, et en a fait sortir les moissons d’or. Le fléau du phylloxéra, qui a ruiné tant de riches vignobles et menace de tarir l’une des sources les plus fécondes de notre richesse nationale, n’a pu que ralentir, sans l’arrêter, le flux toujours croissant de cette prospérité. Les travaux publics ont reçu une vigoureuse impulsion qui ne cessera que lorsque le réseau de nos voies ferrées aura été complété de manière à atteindre jusqu’au moindre bourg et à rendre aussi faciles que promptes les communications du centre aux extrémités, dans cette étendue de 53 millions d’hectares qui forme aujourd’hui la superficie territoriale de la France. Le rendement des recettes publiques, chaque année supérieur aux prévisions budgétaires du législateur, a rendu possibles quelques légers dégrèvements d’impôts, tout en permettant de doter largement et le budget de l’instruction devenue désormais obligatoire, et le budget de la guerre grâce auquel nous entretenons et exerçons une armée forte, au besoin, d’un million d’hommes, pour la défense de la patrie.

Tels sont, vus en gros, quelques-uns des résultats acquis pendant ces douze dernières années. Et vraiment, comment désespérer d’un peuple qui a donné de tels exemples, — d’un peuple qui, au milieu des crises trop souvent violentes et des erreurs trop nombreuses de son histoire, finit toujours par retrouver sa route à l’avant-garde de la civilisation de l’Europe ; qui, nouveau venu à la vie politique dans les conditions d’une démocratie égalitaire de dix à douze millions d’électeurs, a su tirer de ce mécanisme si difficilement maniable du suffrage universel, le rouage admirable d’un gouvernement libéral et parlementaire, réalisant l’alliance si longtemps et si vainement attendue de l’ordre et de la liberté, et faisant