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HISTOIRE DU CANADA

tour à tour triompher l’ordre contre les attentats des communards et la liberté contre les pièges et les menées du « gouvernement de combat » et des Égéries cléricales qui l’inspiraient ? La République, dont le nom n’est plus comme autrefois synonyme de Révolution et de Terreur, s’impose désormais à tous les vrais conservateurs qui ne séparent pas l’ordre du respect de la loi constitutionnelle et qui admettent que la liberté est la dignité d’une nation. La liberté de conscience, la liberté de réunion sont plus larges chez nous, en ce moment, qu’elles ne l’ont jamais été à aucune époque de notre histoire et elles entrent de plus en plus dans nos mœurs sans avoir entraîné après elles aucun de ces désordres, aucun de ces excès graves que prophétisaient les esprits chagrins. Par ce véhicule puissant de la liberté, il n’est aucune des réformes nécessaires à notre peuple qui ne puisse venir à son heure et trouver son chemin dans les esprits. La réforme religieuse elle-même, sans laquelle aucune autre réforme, à notre sens, ne saurait être profonde ni durable, est aujourd’hui étonnamment facilitée par les dispositions de notre peuple ; et si l’athéisme matérialiste trouve malheureusement trop de primeurs et trop d’adeptes parmi cette masse d’esprits qui cherche sa voie hors des sentiers de plus en plus désertés de l’Église du Syllabus, la prédication du pur Évangile du Christ a toutes facilités pour étendre partout ses conquêtes et les Églises de la Réforme se réjouissent de voir leur venir de tous côtés

Des fils que dans leur sein elles n’ont pas portés.

Sans doute il ne faut pas nous exagérer les triomphes déjà remportés sur l’ignorance, la routine ou l’erreur, ni nous complaire dans une hâtive admiration de nous-mêmes. Une quiétude béate serait le pire de tous les pièges, et c’est bien ici qu’il faut dire que rien n’est fait tant qu’il reste quelque chose à faire. Or, il nous reste beaucoup à faire