Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/76

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


« Peaux-Rouges » aux Français sur les Anglais, si durs envers les races inférieures.

En retour des grands avantages qui lui étaient faits, la Compagnie de la Nouvelle-France s’engageait à faire passer, au Canada, dans l’espace de quinze ans, quatre mille Français « catholiques », à les y nourrir chacun trois ans durant, après lequel temps elle leur délivrerait des terres tout ensemencées ; elle s’obligeait aussi à entretenir à ses frais trois prêtres par chaque « habitation », ainsi que les religieux chargés de la conversion des sauvages. Le duc de Ventadour était indemnisé et relevé de sa charge de vice-roi. Champlain était maintenu dans ses fonctions.

Les lettres patentes qui ratifiaient la constitution de cette Compagnie furent signées par le roi Louis XIII devant les murs de la Rochelle assiégée (en mai 1628). Mais déjà, et avant tout commencement d’exécution, la nouvelle société voyait ses projets entravés. On se rappelle comment les Anglais, inquiets de l’importance croissante de nos établissements d’Acadie, avaient, en 1613, réclamé ce territoire et avaient, en pleine paix, attaqué et brûlé Port-Royal. Maintenant que la France et l’Angleterre étaient en guerre, l’occasion leur était bonne pour recommencer leurs agressions, d’autant que du même coup ils servaient les intérêts de leur pays et vengeaient les injures du protestantisme. Les premiers navires que l’association expédia au Canada furent capturés par les Anglais. Une « cache », chargée de blés qui appartenaient aux PP. Jésuites, fut aussi saisie et, dès 1628, une croière anglaise, commandée par un réfugié dieppois,