Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/77

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David Kertk[1], entrait dans le Saint-Laurent et, de Tadoussac, adressait à Champlain sommation de se rendre. Champlain réédita la réponse classique de Thémistocle. À qui lui demandait ses armes, il répondit : « Viens les prendre », et, pendant que la disette était déjà dans la petite colonie, il fit faire chère lie aux envoyés de Kertk, si bien que celui-ci, s’imaginant avoir affaire à une garnison bien approvisionnée et bien munie, rebroussa chemin et ne poussa pas jusqu’à Québec. Mais l’année suivante (1629), l’amiral Kertk qui, dans l’intervalle avait capturé les vaisseaux de la Compagnie française, envoya contre Québec une flottille commandée par ses deux frères, Louis et Thomas Kertk. Comme la récolte avait été mauvaise et que les secours attendus d’Europe avaient été interceptés, la famine s’était déclarée dans « l’habitation » et avait réduit ses défenseurs à la plus misérable condition. Le vieux Champlain, commandant d’une garnison qui ne comptait guère qu’une cinquantaine d’hommes valides, n’eut d’autre alternative que de signer une capitulation honorable (19 juillet 1629).

Champlain se loue, dans son récit, du traitement qu’il reçut de Kertk. « Il étoit courtois, écrit-il, tenant toujours du naturel françois et aimant la nation. Bien que fils d’un Écossois qui s’étoit marié à Dieppe, il désiroit obliger, en tant qu’il pouvoit, ces familles et autres François à demeurer, aymant mieux leur con-

  1. Les Kertk étaient nés à Dieppe de père écossais et de mère française. Les persécutions pour cause de religion les contraignirent à abandonner la France et à mettre au service de l’Angleterre des talents et une énergie qui, en d’autres temps, eussent heureusement profité à notre patrie.