Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/91

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mencer les travaux pour la construction du collège.

Champlain assista aux débuts de cette restauration de sa chère colonie, mais ne vécut pas assez pour en voir les développements. Frappé, durant l’automne de 1635, d’une paralysie qui lui enleva l’usage de ses membres, celui qu’on a justement appelé « le Père de la Nouvelle-France », mourut peu de temps après à Québec, le jour de Noël de cette même année 1635. Sa mort excita d’universels regrets, et les Indiens, à côté de qui il s’était plus d’une fois si bravement battu, ne furent pas les derniers à manifester leur douleur. En la personne de ce hardi explorateur et de ce vaillant soldat, le Canada fit une perte inappréciable. « Il avoit un grand sens, écrit Charlevoix, beaucoup de pénétration, des vues fort droites, et personne ne sut jamais mieux prendre son parti dans les affaires les plus épineuses. Ce qu’on admira le plus en lui, ce fut sa constance à suivre ses entreprises, sa fermeté dans les plus grands dangers, un courage à l’épreuve des contre-temps les plus imprévus, un zèle ardent et désintéressé pour la patrie, un cœur tendre et compatissant pour les malheureux, et plus attentif aux intérêts de ses amis qu’aux siens propres, et un grand fonds d’honneur et de probité. On voit, en lisant ses Mémoires, qu’il n’ignoroit rien de ce que doit savoir un homme de sa profession : on y trouve un historien fidèle et sincère, un voyageur qui observe tout avec attention, un écrivain judicieux, un bon géomètre et un habile homme de mer. »

Après un court intérim rempli par M. de Châteaufort, commandant au poste des Trois-Rivières, M. de