Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/90

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À ce moment, un courant d’émigration assez prononcé se manifestait principalement dans nos provinces de la Normandie et du Perche. De Dieppe, de Rouen, de Honfleur et de Cherbourg, quelques jeunes gens partirent pour tenter fortune sur les bords du Saint-Laurent, et entraînèrent plus tard tout ou partie de leurs familles. L’un des principaux agents de ce mouvement d’émigration fut un sieur Giffard, originaire de Mortagne, qui avait déjà visité le Canada comme marin attaché aux vaisseaux, et à qui la Compagnie de la Nouvelle-France avait concédé la terre de Beauport, à quelque distance en aval de Québec. Giffard décida des artisans et des laboureurs percherons à partir avec lui pour aller exploiter sa seigneurie. Il s’obligea à leur distribuer des terres, en leur imposant des conditions faciles. Un charpentier, nommé Cloutier, eut le fief de la Clouterie ; un maçon, nommé Jean Guyon, reçut le fief du Buisson, etc. Plusieurs autres censitaires vinrent ainsi se grouper autour du châtelain de Beauport et formèrent un établissement qui prospéra.

À la même époque remonte la fondation du premier collège du Canada, on peut dire même de l’Amérique du Nord — car celui de Harvard, fondé par les puritains, près de Boston, ne date que de 1638. — Un jeune gentilhomme picard, René de Rohault, fils du marquis de Gamache, avait légué, dès l’année 1626, une somme de 16,000 écus d’or pour cet objet. Les Jésuites reçurent cette somme et, à la fin de 1635, firent com-

    la grande rivière de Saint-Laurent par trois principales embouchures causées par plusieurs petites isles qui se rencontrent à l’entrée de ce fleuve, nommé des Sauvages Metaberoutin. » Relation de la Nouvelle-France en l’année 1635, par le P. Lejeune, p. 63.