Page:R.-H.-J. Cambresier - Dictionnaire walon-françois, 1787.djvu/162

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RK-RN

broutent les tendrons des arbres & des plantes.

Drageon, ſ. m. Bouture, bourgeon, qui pouſſe au pied des arbres & des plantes, drageon de vigne, drageon d’œillet.

R’koûki marcotte, ſ. f. Les rejetons des œillets & autres plantes que l’on couche en terre pour leur faire prendre racine, afin de les tranſplanter, voilà de belles marcottes.

Marcotter, v. a. Coucher des branches ou des rejetons en terre pour leur faire prendre racine, marcotter des œillets.

R’kû ſournois, adj. Morne, penſif, & qui cache ce qu’il penſe, il ſe prend d’ordinaire en mauvaiſe part, humeur ſournoiſe, vous êtes bien ſounois.

Il eſt auſſi ſubſtantif, c’eſt un ſournois.

R’laveurre lavure, ſ. f. L’eau qui a ſervi à laver les écuelles, il n’a guere d’uſage qu’en cette phraſe, de la lavure d’écuelles.

R’lignî dégeler, v. a. Faire qu’une choſe qui étoit gelée ceſſe de l’être, le vent qu’il a fait depuis peu a dégelé la riviere.

Il eſt auſſi neutre, la riviere dégele, commence à dégeler.

Il ſe dit plus ordinairement dans l’imperſonnel, il déjele, quand il viendra à dégeler.

Il eſt auſſi réc. L’eau de fontaine commence à ſe dégeler.

Mettre du fruit dans de l’eau pour le faire dégeler.

R’lin dégel, ſ. m. Adouciſſement de l’air qui réſout la glace, le dégel eſt venu tout-à-coup.

R’miné paliſſer, v. a. Terme dont les jardiniers ſe ſervent, pour dire, attacher le long des murailles d’un jardin, les branches des arbres fruitiers, par le moyen d’un treillage ou de quelque autre choſe, paliſſer des pêchers, des poiriers.

R’monté haler, v. a. (H. s’aſpire) tirer à force de bras & avec une corde, il ne ſe dit, guere que d’un bateau, haler un bateau.

On dit, monter une horloge, une montre, un réveil, &c. pour dire en bander les reſſorts, ou en rehauſſer les contre-poids.

R’mouï arroſer, v. a. Mouiller quelque choſe en verſant de l’eau deſſus, arroſer des fleurs, arroſer un jardin.

R’mowe-manege remue-ménage, ſ. m. Dérangement de pluſieurs meubles, de pluſieurs choſes que l’on tranſporte d’un lieu à un autre, voilà un grand remue-ménage, il eſt fam.

Il ſe dit fig. des troubles & des déſordres qui arrivent dans les familles, dans les états, par des changements ſubits, il y a bien du remue-ménage, dans cette maiſon, dans cette province, il eſt du ſtyle fam.

R’naké, on dit d’un cheval, qu’il renifle ſur l’avoine, pour dire, qu’il repugne à en manger.

R’nardé dégobiller, v. a. Vomir les vins & les viandes qu’on a priſes avec excès, dégobiller ſon dîner, il eſt bas.

Dégueuler, v. n. Vomir, rendre gorge, il étoit ſi ſaoul, qu’il dégeula ſous la table, il ne ſe dit que d’un vomiſſement qui vient d’ecxès de débauche, il eſt bas.

Rendre, v. a. Il ſe dit en parlant de ce que le corps rejette par les conduits naturels, rendre un remede.

On dit, rendre gorge, pour dire, vomir, il eſt populaire.

R’non renonce, ſ. f. Terme dont on ſe ſert à certains jeux des cartes, pour marquer qu’on n’a point d’une couleur. On dit, ſe faire une renonce, pour dire, ſe mettre en état de couper une couleur, en ſe défaiſant des cartes qu’on a de cette même couleur, je me ſuis fait une renonce en pique, à pique.

R’nonci renoncer, v. n. Met-