Page:Rabelais marty-laveaux 04.djvu/14

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^ COMMENTAIRE.

fa Notice fur Gargantua^ ^ une lifte aflez étendue des légendes françaises relatives à ce perfonnage. Nous allons énumérer celles auxquelles se rattachent cer- taines dénominations locales :

« La popularité de Gargantua eft grande, furtout dans les campagnes, au fond des villages & des ha- meaux. Sur tous les points de la France, les payfans ont à conter des prodiges incroyables de fa force, des miracles de fon appétit. On dit encore dans la Beauce : manger comme un Gargantua. Son nom eft refté attaché à une foule de monuments, & particulièrement à ceux que l’on appelle monuments celtiques ou druidiques.

« Dans la chaîne de montagnes de Saflenage ( Ifère) s’élève un rocher dont le ibmmet eft compofé de trois éminences en forme de dents canines j on les défigne fous le nom de Dents de Gargantua ou de Roche prou- pena (de beaucoup de peine).

« Les Monts Jumeaux, aux environs de Châtillon- fur-Seine, font appelés Bottes de Gargantua.

« A Verdes (Loir-&-Cher), on voit la Soupière de Gar- gantua. C’eft une grande excavation évidemment faite de main d’homme, & près de laquelle fe trouvent un tumulus & des pierres pofées qui contribuent à lui don- ner une phyfionomie druidique. Sur le même terri- toire fe trouve une pierre longue d’environ dix pieds, & échancrée dans le milieu, que les gens du pays prennent pour les Lunettes de Gargantua.

« Le géant a laiffé dans divers endroits des monu- ments de fes jeux : un palet & une drue à Tripleville (Loir-et-Cher) ; un palet & une drue à Saint-Sigismond (Loiret) ; des palets à Changé, près Maintenon (Eure- &-Loire). Ces derniers sont un groupe de peulvens & de menhirs dont un feul refte encore debout. Suivant la tradition, Gargantua s’amufait à lancer vers un but des pierres en guife de difques : le but eft le menhir

I. Mémoires dt la Société royale des Antiquaires de France, tome XVII, pages 412-456.