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COMMENTAIRE.

leur enuoyer ambaffade & fignifier quilz luy euflfent a rendre le tribut de cinq années, et mettre leurs villes & chafteaulx entre fes mains, & que leur roy le vint rendre priionnier a fa court pour en faire iuftice telle que de raifon : Les Irlandoys & Holendoys ouirent lambaffade, de laquelle ne fe firent que mocquer, & dirent que ilz eftoyent deux nations, & que ilz fe tiendroyent fi tors que le roy de la grant bretaigne ne leur feroit riens, et deffendirent aux ambaffadeurs de non plus parler du roy Artus fur peine de tenir prifon.

C. Comment les ambaffadeurs firent leur raport^ & de la préparation de guerre.

ES ambalfadeurs du roy Artus voyant la folle refponce des Irlandoys & Holendoys fe lont mis fur mer pour tirer vers Lon- dres ou eftoit le roy Artus. Hz ont eu bon vent, et ont fort bien exploite,’ tant quilz y arriucrent par vnglundy matin, & le Roy en fceut les nouuelles, lequel les manda incontinant venir par deucrs luy en ia chambre. Quant ilz furent entrez ilz le faluerent comme ilz fcauoyent bien faire. Le Roy leur rendit leur falut, en leur demandant quelles nouuelles ilz apportoyent. Lors refpondirent les am- baffadeurs que les Irlandoys & Holendoys totallement eftoyent fes ennemys, et que ilz ne prifoyent riens fa puiffance. Le roy leur demanda, leur auez vous parle de la puiffance de Gargantua, & ilz refpondirent que non, combien que il leur en fouuenoit affez, mais a caufe de leur oultrecuydance ne les auons vouluz aduertir de leur prouffit. Le roy leur dift que c’ei^oit bien faift, & ces parolles finees le roy fift affembler fon confeil pour délibérer de la guerre, auquel fut appelle Merlin, et plufieurs aultres : et fut conclud que Gargantua prendroit genfdarmes ce que il luy plairoit