Page:Rabelais marty-laveaux 04.djvu/61

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


GARGANTUA.

53

iumeiit abatit les foreftz de champaigne & de la beaulce en foy efmouchaiit de fa queue.

f[_ Comment gargautua & fon père & fa mère arri- uereat au port de la mer près le mont Saincl michel & le mefchief que Icvr firent les bretons.

^£ Comment les lyetons baillèrent a gargantua a fon père & a fa mère graut nombre de vaches & veaulx pour le larcin quilz leur auoyent faict.

f[_ Comment le père & la mère de gargantua por-

teur. Et mes gafcons & mes bretons firent tant quil louurirent Se entrè- rent dedans, ilz fouillèrent tant quilz trouuerent en vng bourferon bien cinq cens mille nobles Dangleterre, lefquelz le roy Artus luy auoit donnez a fon département & mes Bretons & mes Gafcons faccor- derent enfemble en forte que en vne nuit ilz luy vuiderent fe bourfe- ron. 11 y eut vng Gafcon le plus habille de tous qui trouua vng bour- feron, ou il y auoit vne fonnette dor laquelle pefoit cent Se troys vingtz liures a la mode de Bretaigne laquelle Merlin luy auoit donnée Et confulterent enfemble comment ilz lauroyent enforte quilz délibèrent de lauoir le lendemain au matin Et fe trouuerent enfemble mes gaf- cons & mes bretons, mais ilz furent bien trompez. Car Gargantua auoit ia dormy quarante & quatre iours & deux heures parquoy il fefueilla & les trouua en fa gibeffiere. Adonc luy tout endormy les print & les loya tous enfemble dedans fa bra3’ette pour fcauoir pourquoy ilz eftoyent la venuz. Et nettoient pas moins de cinq cens Bretons, & troys cens Gafcons, Quant ilz fe fentirent ainfi enferres ilz dirent lung a laultre que ilz eftoyent tous mors car ilz fentoyent lair de la bière & du ciftre. Et en eut vng entre les aultres qui eftoit de Thouloufe qui dift. Meffieurs recommandons nous dieu lequel a foufiert mort & paf- fion pour tout Ihumain lignaige. Et nous nous en trouuerons bien. Adoncques faccorderent a luy & firent leur prière a dieu quil les voulfift fauluer de celle puantife, & leur donner grâce de fortirde cefte brayete. Lors gargantua reguarda dedans fon bourferon & trouua quil ny auoit que le nie, & que on auoit defrobe fes nobles Dangleterre, dont il fut bien dolant. Adonc il les tira hors de fa brayette, & en trouua deux qui eftoyent eftoufez auprès du vefnier & eftoyent deCa mors quant les aultres fe recommandèrent a dieu. Lors gargantua leur difl. Si vous ne menfeignez mon trefor que vous mauez defrobe ie vous defferay tous. Lors dift ce Tholouzan MonCeur il eft vray que nous fonimes icy arri- uez deux nauires vne de bretons & vne de gafcons. Et cuj’dions que fuffiez mort. Parquoy nous nous femmes fongnez a la refte pardonnez nous comme vous voulez a dieu vous pardonne & nous vous rendrons tout. Et voulons eftre a voftre feruice & aller partout ou vous vouldrez fuft ce eu enfer. Adonc Gargantua faduifa quilz luy feroyent bons pour