Page:Rabelais ou imitateur - Le Disciple de Pantagruel, éd. Lacroix 1875.djvu/94

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

moyennant asseurance que nous luy promismes.

Iceulx fours sont tousjours pleins de pastez de diverses sortes :

Les ungs de chappons,

Les aultres de venaison,

Les aulcuns de veau,

De beuf,

De mouton,

Les ungs au verjus de grain,

Les autres à la ciboule, ou aux moyeulx d’œufz, desquelz chascun prend tant et si petit qu’il en veult. Et dés que l’on en a prins ung, il en sourt ung aultre de l’astre du four tout nouveau en sa place, parquoy leurs fours en sont tousjours pleins.

Il y a sur la gueulle de chascun four ung escripteau en grosse lettre, qui faict mention de la sorte dont sont les pastez, et dequoy, affin qu’on sache mieulx choysir ceulx qu’on veult prendre pour menger, avecq la foyre à boyre.

Quand nous feusmes entrez dedans icelle ysle, qui se nomme l’ysle de Pastemolle, je feiz sonner toutes noz trompettes, clairons, haultboys et saquebutes, si hault et si mélodieusement que, pour l’armonie et doulceur des sons divers, iceulx fours se prindrent à danser et à saulter si haut en l’aer qu’ilz faisoient les soubresaultz et les gambades plus hault en l’aer que les tours Nostre Dame de Paris : non pas justement si hault, mais il ne s’en falloit guère. De laquelle chose nous eusmes moult grand paour : car, s’ilz eus-