Page:Racan Tome I.djvu/12

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jourd'hui d'une manière satisfaisante à l'absence de ces deux irrécusables témoins.

Nous avons trouvé à la Bibliothèque impériale (m.de M.—L. Bigot, 36o) une copie fort nette l’ouvrage dont nous nous occupons. Ce manuscrit, que nous avons examiné avec un soin extrême, nous a laissé prfondément convaincu qu’il présente le véritable texte des Mémoires pour la vie-de Malherbe, sans lacune, et surtout sans aucune adjonction. « Mais précisément, nous -diroit l’abbé Joly, voilà un de ces manuscrits coureurs sur lesquels des hommes licencieux et des malins s’en sont donné à cœur joie. » Nous cherchions une réponse à cette objection, qu’il étoit aisé de prévoir, et nous en trouvions de fort plausibles, lorsque deux œuvres, dont l’une a dé]à été mentionnée dans cette préface, sont venues nous offrir des éléments de conviction tels qu’il ne nous étoit guère permis-de les espérer : ce sont, d’un côté, es lettres de Racan trouvées dans les manuscrits de Conrart, et, de l’autre, et surtout, les historiettes de Tallemant des Réaux.

Dans ces lettres à Conrart, Ménage et Chapelain, que nous n’avons pas dû précédemment examiner sous cette face, Racan se montre avec la même aisance de style, avec la même liberté de pensées, et, pour tout dire, avec la même licence d’expression, que dans les passages des Mémoires que l’abbé Joly croyoit y avoir été subrepticement ajoutés. En un mot, si dans cette correspondance intime avec quelques célébrités de l’époque il avoit eu à écrire une lettre de plus,