Page:Racan Tome I.djvu/227

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Et nous mene à nos derniers jours ;
L’on a beau faire des prieres,
Les ans non plus que les rivieres

Jamais ne rebroussent leur cours.

Le printemps vétu de verdure
Chassera bien-tost la froidure,
La mer a son flux et reflux ;
Mais depuis que nostre jeunesse
Quitte la place à la vieillesse,
Le temps ne la ramene plus.

Les loix de la mort sont fatales
Aussi bien aux maisons royales
Qu’aux taudis couvers de roseaux.
Tous nos jours sont sujets aux Parques ;
Ceux des bergers et des monarques
Sont coupez des mesmes ciseaux.

Leurs rigueurs, par qui tout s’efface,
Ravissent en bien peu d’espace
Ce qu’on a de mieux établi,
Et bien-tost nous meneront boire
Au-delà de la rive noire
Dans les eaux du fleuve d’oubly1.


À M. LE COMTE DE BUSSY DE BOURGOGNE.
Ode.

Bussy, notre printemps s’en va presque expiré,
Il est temps de joüir du repos asseuré
—————Où l’âge nous convie :


1. Cette ode et un peu la fin de la précédente offrent quel-