Page:Racan Tome I.djvu/399

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encore que je ne prétende de faire que des vers burlesques3 dans les mêmes licences que Voiture et Sarasin en ont fait, qu’ils me cousteront toujours beaucoup plus que ma prose ; et je consens que dans la satyre que j’ai prié M. Ménage de faire contre mon ignorance pour mettre au commencement de mes œuvres au lieu de recommandation, il y employe que j’escrivois ma prose en m’endormant, comme M. Pena faisoit les ordonnances pour ses malades ; mais je le supplie de ne point mettre que je faisois soixante vers en me lavant les mains, comme Scaliger.

Histoire véritable.

–—–—–Robin, en faisant ses adieux
–—–—–Cependant qu’on chargeoit les males
–—–—–Baisoit l’hostesse dans les lieux
–—–—–Les plus secrets et les plus sales,
Quand l’hoste s’écria, pressé d’un lavement :
« Ouvrez ! je n’en puis plus ; ouvrez-moy promptement !
L’aisement a deux trous ; ouvrez, de par le diable !
Ouvrez ! nous y tiendrons commodément tous deux ! »
À quoi Robin respond, d’une parole affable :
« Ce que vous dites, l’hoste, est certes veritable ;
Mais j’en occupe l’un, et l’autre est tout foireux ! »

Autre histoire véritable.

Une fameuse maquerelle
Avoit à Robin, maintes fois,
Promis, pour un doublon de poids,
De lui produire une pucelle


3. Pour dire des vers plaisants. Ce n’est pas là le sens qu’on a donné un peu plus tard au mot burlesque. Balzac lui donne le même que Racan.