Page:Racine - Abrégé de l’histoire de Port-Royal, éd. Gazier, 2e éd.djvu/181

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Sa mort fut suivie de près de celle de l’illustre M. Pascal. Il n’était âgé que de trente-neuf ans ; mais, quoique encore jeune, ses grandes austérités et son application continuelle aux choses les plus relevées l’avaient tellement épuisé qu’on peut dire qu’il mourut de vieillesse. Il laissa imparfait un grand ouvrage qu’il avait entrepris contre les athées. Les fragments qu’on en trouva dispersés dans ses papiers, et qui ont été donnés au public sous le nom de Pensées de M. Pascal peuvent faire juger et du mérite qu’aurait eu tout l’ouvrage, s’il eût eu le temps de l’achever, et de l’impression vive que les grandes vérités de la religion avaient faite sur son esprit. On publia que sur la fin de sa vie il avait rompu tout commerce avec Messieurs de Port-Royal, parce qu’il ne les trouvait pas, disait-on, assez soumis aux constitutions ; et on citait là-dessus le témoignage du curé de Saint-Etienne du Mont[1], qui lui avait administré dans sa maladie les derniers sacrements.

La vérité est qu’un peu avant sa mort M. Pascal eut quelque dispute avec M. Arnauld sur le sujet des constitutions ; mais, bien loin de prétendre qu’on se devait soumettre aveuglément aux constitutions, il trouvait au contraire qu’on s’y soumettait trop ; car appréhendant, comme on le peut voir dans les

  1. Le Père Beurrier.