Page:Racine - Abrégé de l’histoire de Port-Royal, éd. Gazier, 2e éd.djvu/183

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


curé de Saint-Étienne, lui toucha quelque chose de cette dispute, sans lui particulariser de quoi il s’agissait ; de sorte que ce bon curé, qui ne supposait pas que M. Arnauld eût pu pécher par trop de déférence aux constitutions, s’imagina que c’était tout le contraire. Non seulement il le dit ainsi à quelques-uns de ses amis, mais il l’attesta même par écrit. Mais les parents de M. Pascal, touchés du tort que ce bruit faisait à la vérité, allèrent trouver ce bonhomme, lui montrèrent les écrits qui s’étaient faits sur cette dispute, et le convainquirent si bien de sa méprise qu’il rétracta aussitôt sa déposition par des lettres qu’il leur permit de rendre publiques.

Après la mort de M. de Marca, il se passa près de dix-huit mois pendant lesquels on ne pressa point pour la signature. On crut même un temps que les affaires allaient changer de face, car la cour de Rome, pendant qu’on élevait en France son autorité, outragea le roi en la personne du duc de Créqui, son ambassadeur. Le roi ressentit vivement cette offense, et résolut d’en tirer raison. Comme la querelle pouvait aller loin par l’opiniâtreté du pape à soutenir les auteurs de cet attentat, le Parlement et les ministres du roi commencèrent à ouvrir les yeux sur le trop grand cours qu’ils avaient laissé prendre à tout ce qu’on appelle en France les opinions des ultramontains. On ne dit pourtant rien aux jésuites ; mais sur