Page:Radcliffe Chastenay - Les Mysteres d Udolphe T1.djvu/114

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dre : Il y a quelque chose dans l’ardeur et l’ingénuité de ce jeune homme, qui doit sur-tout enchanter un vieillard, dont le poison du monde n’a point altéré les sentimens ; oui, je découvre en lui je ne sais quoi d’insinuant, de vivifiant, comme la vue du printemps lorsque l’on est malade. L’esprit du malade prend quelque chose du renouvellement de la sève, et les yeux se raniment aux rayons du midi : Valancourt est pour moi cet heureux printemps.

Emilie, qui pressoit tendrement la main de son père, n’avoit jamais entendu de sa bouche, un éloge qui l’eût autant ravie, pas même quand elle en avoit été l’objet.

Ils voyageoient au milieu des vignobles, des bois et des prairies, enchantés à chaque pas de ce charmant paysage que bornoient les Pyrénées et l’immensité de l’Océan. Bientôt après midi ils atteignirent Collioure, situé sur la Méditerranée. Ils y dînèrent, et laissèrent passer la grande chaleur : ils reprirent les rivages enchanteurs qui s’étendent jusqu’au Languedoc. Emilie considéroit avec enthousiasme le vaste empire des flots, dont les lumières et les ombres varioient si singulièrement la surface, et dont les bords ornés de