Page:Radcliffe Chastenay - Les Mysteres d Udolphe T1.djvu/127

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lestement l’avenue : une voix alors partit des arbres à gauche ; ce n’étoit point un commandement, ce n’étoit point un cri de douleur, mais un son creux et prolongé qui paroissoit à peine humain. Michel pressa ses mules sans penser à l’obscurité, ni aux souches, aux trous, ni même à la voiture ; il ne s’arrêta pas qu’il ne fût sorti de l’avenue ; et parvenu sur la grande, route enfin, il modéra son pas.

— Je suis bien mal, dit Saint-Aubert en prenant la main de sa fille. — Vous êtes plus mal, dit Emilie, effrayée de sa manière ; vous êtes plus mal, et nous sommes sans secours. Bon Dieu ! que ferons-nous ? Il appuya sa tête sur son épaule ; elle le soutint entre ses bras, et fit encore arrêter Michel. À peine le bruit des roues avoit-il cessé, qu’une musique se fit entendre dans le lointain ; ce fut pour Emilie la voix de l’espérance. Oh ! nous sommes près d’une habitation, dit-elle, nous pourrons avoir du secours.

Elle écouta attentivement. Les sons étoient éloignés, et sembloient venir du fond d’un bois dont une partie bordoit la route. Elle regarda du côté d’où ils partoient, et vit au clair de la lune quelque chose qui lui paroissoit comme un châ-