Page:Radcliffe Chastenay - Les Mysteres d Udolphe T1.djvu/136

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bert ; les séparations seroient trop douloureuses, si nous les croyions éternelles. Oui, ma chère Emilie, nous nous retrouverons un jour. Il leva les yeux au ciel, et les rayons de la lune, qui tomboient sur lui, montrèrent toute la paix et la résignation de son ame, malgré l’expression de la tristesse.

Voisin sentit qu’il avoit trop prolongé le sujet ; il coupa court, en disant : Nous sommes dans l’obscurité, il nous faudroit une lumière.

— Non, lui dit Saint-Aubert, j’aime cette clarté ; remettez-vous, mon cher ami. Emilie, mon amour, je me trouve mieux à présent que je n’ai été de tout le jour. Cet air me rafraîchit, je goûte ce repos, je me plais à cette musique qu’on entend dans l’éloignement. Laissez-moi vous voir sourire ! Qui touche si bien cette guitare, dit-il ensuite ? sont-ce deux instrumens, ou bien est-ce un écho ?

— C’est un écho, monsieur ; du moins je l’imagine. J’ai souvent entendu cet instrument la nuit, quand tout étoit calme ; mais personne ne connoît celui qui le touche. Quelquefois une voix l’accompagne, mais une voix si douce et si triste, qu’on pourrait croire qu’il revient dans les bois. — Il