Page:Radcliffe Chastenay - Les Mysteres d Udolphe T1.djvu/66

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son pistolet, il commande à Michel de doubler le pas. Le son d’un cor fait retentir les montagnes : Saint-Aubert regarde, et voit un jeune homme s’élancer dans la route, suivi de deux chiens ; l’étranger étoit mis en chasseur. Un fusil en bandoulière, un cor à sa ceinture, une espèce de pique à la main, donnoient une grâce particulière à sa personne, et secondoient l’agilité de sa marche.

Après un moment de réflexion, Saint-Aubert fit arrêter, et l’attendit pour l’interroger sur le hameau qu’il cherchoit. L’étranger répondit que le village n’étoit plus qu’à une demi-lieue, qu’il s’y rendoit lui-même, et qu’il alloit être leur guide. Saint-Aubert le remercia, et touché de ses manières franches et simples, il lui proposa une place dans la voiture. L’étranger le refusa, en l’assurant qu’il suivroit bien les mules : mais vous serez mal logé, ajouta-t-il, les habitans de ces montagnes sont de pauvres gens ; non-seulement ils n’ont pas de luxe, mais ils manquent de mille choses, qu’ailleurs on juge indispensables.

— Je m’apperçois que vous n’êtes pas du pays, dit Saint-Aubert.

— Non, monsieur, je suis voyageur.