Page:Radcliffe Chastenay - Les Mysteres d Udolphe T1.djvu/91

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En disant ces mots, il prit le bras d’Emilie, et recommandant à Michel de l’attendre, il suivit le son de la cloche, et monta du côté des bois. Ses pas étoient chancelans ; Valancourt lui offrit son bras, qu’il accepta. La lune alors éclairoit leur sentier, et leur permit bientôt d’appercevoir des tours qui s’élevoient au-dessus de la colline. La cloche continuoit de les guider ; ils entrèrent dans le bois, et la clarté tremblante de la lune devint plus incertaine, par l’ombrage et le mouvement des feuilles. Cette obscurité, ce silence, lorsque la cloche ne sonnoit pas, l’espèce d’horreur qu’inspiroit un lieu si sauvage, tout remplit Emilie d’une frayeur, que la voix et la conversation de Valancourt pouvoient seules diminuer. Après avoir monté quelque temps, Saint-Aubert se plaignit, et on s’arrêta sur un tertre de gazon, où les arbres, plus ouverts, laissoient jouir du clair de la lune. Saint-Aubert s’assit sur l’herbe, entre Emilie et Valancourt. La cloche ne sonnoit plus, et le calme profond n’étoit interrompu par aucun bruit, car le murmure sourd de quelques torrens éloignés sembloit accompagner plutôt que troubler le silence.

Ils avoient alors sous les yeux la vallée