Page:Rameau - Notes historiques sur la colonie canadienne de Detroit, 1861.djvu/51

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ignore toute modestie et toute réserve, les nouveaux venus surent dès le principe en imposer à ces esprits simples et bons qui avaient toujours vécu dans la solitude, et qui ne savaient point ce que c’était que de se surfaire au-dessus de leur valeur. Se laissant trop souvent éblouir par cette importance d’emprunt, vos pères acceptèrent trop facilement les prétentions arrogantes avec lesquelles on cherchait à les étourdir, et c’est ainsi qu’en plus d’un endroit à mesure que le nombre des étrangers augmenta, ils se trouvèrent disloqués, ahuris et sans force de résistance, contre ce mouvement nouveau qui les surprenait, et les entourait en jetant dans leurs esprits un trouble inconnu ; c’est ainsi que le laissez aller, le découragement, l’acceptation d’une suprématie sans titre, ont conduit certaines paroisses de l’autre côté du Détroit, dans une situation fâcheuse et humiliée dont il serait utile et juste de les voir sortir.

À partir de 1830, en effet, l’immigration prit des proportions formidables qui ne tardèrent pas à altérer la proportion des éléments qui composaient la population du pays. Le District Western, composé des comtés actuels d’Essex, de Kent et de Lambton, reçut dans la seule année 1830 environ 1300 immigrants ; de 1832 à 1835 près de 3000 en 3 ans ; dans la seule