Page:Rameau - Notes historiques sur la colonie canadienne de Detroit, 1861.djvu/63

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


ceci, c’est que généralement on ne gagne jamais rien à être complaisant avec les Anglais ; plus vous êtes complaisant, moins ils font cas de vous ; plus vous vous tenez roide avec eux, plus ils sont souples et pliants à votre égard. Or, je trouve scandaleux que, dans ce pays, où vous faites plus du tiers de la population, la plupart des marchands et des magistrats ignorent le français ; sachez que vous avez quand vous voudrez le pouvoir et le droit de les y forcer ; vous en avez le pouvoir par votre nombre, et le droit par les anciens traités, car ils sont les mêmes pour vous que pour le Bas-Canada, et vous avez tous les mêmes droits que les Canadiens de ce pays.

Je ne saurais vous dire combien j’ai été heureux de trouver si bien conservée parmi vous et l’amour du nom français, et l’usage de cette belle langue française, que le monde entier admire, et dont toutes les nations ont l’usage de se servir dans leurs actes solennels. J’en ai été heureux et je vous en remercie tant en mon nom personnel qu’au nom de cette grande nation française qui compte dans le monde, et à laquelle vous appartenez, aussi bien que moi même. Mais permettez moi de vous prier de veiller avec soin à ce que ces souvenirs se perpétuent parmi vos descendants, comme vous les avez reçus vous-même de vos devanciers.