Page:Raynal - Histoire philosophique et politique des établissemens et du commerce des Européens dans les deux Indes, v1.djvu/29

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Histoire philosophique
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pas d’aſſez grands moyens pour un commerce univerſel. La Phénicie borna ſa marine à des galères, ſon commerce au cabotage, & ſa navigation à la Méditerranée. Modèle des peuples maritimes, on ſait moins ce qu’il a fait, que ce qu’il a pu faire : on conjecture ſa population par ſes colonies. On veut qu’il ait couvert de ſes eſſains les bords de la Méditerranée, & ſurtout les côtes d’Afrique.

Tyr, ou Syclon, reine de la mer, enfanta Carthage. L’opulence de Tyr lui avoit forcé des ſers & donné des tyrans. La fille de Tyr, Carthage, plus heureuſe que ſa mère, fut libre malgré ſes richeſſes. Elle dominoit ſur les côtes d’Afrique, & poſſédoit la plus riche contrée de l’Europe, l’Eſpagne, célèbre dès-lors par ſes mines d’or & d’argent, & qui devoit un jour, au prix de tant de ſang, conquérir celle d’un Nouveau-monde.

Carthage n’auroit peut-être été que commerçante, s’il n’y avoit pas eu des Romains. Mais l’ambition d’un peuple ſouleva tous les autres. Il fallut faire la guerre au lieu du commerce, & périr ou vaincre. Carthage ſuccomba, parce que les richeſſes produi-