Page:Raynal - Histoire philosophique et politique des établissemens et du commerce des Européens dans les deux Indes, v1.djvu/30

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Histoire philosophique
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ſent l’effet contraire de l’indigence, celui d’éteindre le courage & de dégoûter de la guerre : mais elle eut au-moins la gloire de diſputer long-tems l’empire du monde. Ce fut un malheur peut-être pour l’Europe & pour toutes les nations, que la deſtruction d’une république qui mettoit ſa gloire dans ſon induſtrie, & ſa puiſſance dans des travaux utiles au genre-humain.

La Grèce, entrecoupée de tous côtés par des mers, deyoit fleurir par le commerce. S’élevant dans un archipel, & ſéparée des grands continens ; il ſembloit qu’elle ne dût ni conquérir, ni être conquiſe. Placée entre l’Aſie & l’Europe pour policer l’une & l’autre, elle devoit jouir dans une juſte proſpérité du fruit de ſes travaux & de ſes bienfaits. Les Grecs, preſque tous venus de l’Égypte, pu de la Phénicie, en apportèrent la ſageſſe & l’induſtrie. Le peuple le plus brillant & le plus heureux de toutes ces colonies Aſiatiques, fut commerçant.

Athènes ſe ſervit de ſes premiers vaiſſeaux pour trafiquer en Aſie, ou pour y répandre tant de colonies que la Grèce en avoit pu voir dans ſa naiſſance. Mais ces tranſmi-