Page:Raynal - Histoire philosophique et politique des établissemens et du commerce des Européens dans les deux Indes, v1.djvu/32

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Histoire philosophique
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merce, qui trouve à la fin ſa ruine dans les richeſſes qu’il entaſſe, comme toute puiſſance la trouve dans ſes conquêtes ; dès que le commerce des Grecs eut ceſſé dans la Méditerranée, il n’y en eut plus dans le monde connu.

Les Grecs, en ajoutant à toutes les connoiſſances, à tous les arts qu’ils avoient reçus des Égyptiens & des Tyriens, élevèrent la raiſon humaine à un degré de perfection, d’où les révolutions des empires l’ont fait descendre peut-être pour jamais. Leurs admirables inſtitutions étoient ſupérieures à toutes celles que nous connoiſſons. L’eſprit dans lequel ils avoient fondé leurs colonies, fait honneur à leur humanité. Tout naquit dans leurs mains, tout s’y perfectionna, tout y périt. On voit, par quelques ouvrages de Xénophon, qu’ils entendoient mieux les principes du commerce, que la plupart des nations modernes.

Si l’on fait attention que l’Europe jouit de toutes les connoiſſances des Grecs, que ſon commerce eſt infiniment plus étendu, que notre imagination ſe porte ſur des objets plus grands & plus variés depuis les progrès de