Page:Raynal - Histoire philosophique et politique des établissemens et du commerce des Européens dans les deux Indes, v1.djvu/42

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nombre d’iſles, les Grecs n’avoient pas de marine. Ils ſe défendirent contre celle d’Égypte & des Sarraſins par le feu Grégeois : arme vaine & précaire d’un peuple ſans vertu. Conſtantinople ne pouvoit protéger au loin ſon commerce maritime ; il fut abandonné aux Génois, qui s’emparèrent de Caffa, dont ils firent une ville floriſſante.

La nobleſſe de l’Europe, dans les folles expéditions des Croiſades, emprunta quelque choſe des mœurs des Grecs & des Arabes. Elle connut leurs arts & leur luxe ; il lui devint difficile de s’en paſſer. Les Vénitiens eurent un plus grand débit des marchandiſes qu’ils tiroient de l’Orient. Les Arabes, eux-mêmes, en portèrent en France y en Angleterre, & juſqu’en Allemagne.

Ces états étoient alors ſans vaiſſeaux & ſans manufactures. On y gênoit le commerce, & l’on y mépriſoit le commerçant. Cette claſſe d’hommes utiles n’avoit jamais été honorée chez les Romains. Ils avoient traités les négocians à-peu-près avec le même mépris qu’ils avoient pour les hiſtrions, les courtiſanes, les bâtards, les eſclaves & les gladiateurs. Le ſyſtême politique établi dans toute