Page:Raynal - Histoire philosophique et politique des établissemens et du commerce des Européens dans les deux Indes, v1.djvu/48

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Histoire philosophique
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la liberté, fit impreſſion ſur la plupart des rois. Dans leurs états, il n’y avoit de citoyens que la nobleſſe & les eccléſiaſtiques. Le reſte étoit eſclave. Ils affranchirent les villes, & leur prodiguèrent les privilèges. Auſſi-tôt ſe formèrent des corps de marchands, des corps de métiers ; & ces aſſociations acquirent du crédit en acquérant des richeſſes. Les ſouverains les oppoſèrent aux barons. On vit diminuer peu-à-peu l’anarchie & la tyrannie féodales. Les bourgeois devinrent citoyens ; & le tiers-état fut rétabli dans le droit d’être admis aux aſſemblées nationales.

Le préſident de Monteſquieu fait honneur à la religion chrétienne, de l’abolition de l’eſclavage. Nous oſerons n’être pas de ſon avis. C’eſt quand il y eut de l’induſtrie & des richeſſes dans le peuple, que les princes le comptèrent pour quelque choſe. C’eſt quand les richeſſes du peuple purent être utiles aux rois contre les barons, que les loix rendirent meilleure la condition du peuple. Ce fut une ſaine politique que le commerce amène toujours, & non l’eſprit de la religion chrétienne, qui engagea les rois à déclarer libres les eſclaves de leurs vaſſaux ;