Page:Raynal - Histoire philosophique et politique des établissemens et du commerce des Européens dans les deux Indes, v1.djvu/50

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dans Florence, des républiques fondées ſur des loix ſages. Les factions des Guelphes & des Gibelins, qui déſoloient ces délicieuſes contrées depuis tant de ſiècles, s’y étoient enfin calmées. Le commerce y fleuriſſoit & devoit bientôt y amener les lettres. Veniſe étoit au comble de ſa gloire. Sa marine, en effaçant celle de ſes voiſins, réprimoit celle des Mammelus & des Turcs. Son commerce étoit ſupérieur à celui de l’Europe entière. Elle avoit une population nombreuſe & des tréſors immenſes. Ses finances étoient bien adminiſtrées, & le peuple content. La république empruntoit aux riches particuliers, mais par politique, & non par beſoin. Les Vénitiens ont été les premiers qui aient imaginé d’attacher au gouvernement les ſujets riches, en les engageant à placer une partie de leur fortune dans les fonds publics. Veniſe avoit des manufactures de ſoie, d’or & d’argent. Les étrangers achetoient chez elle des vaiſſeaux. Son orfèvrerie étoit la meilleure, & preſque la ſeule de ce tems-là. On reprochoit aux habitans de ſe ſervir d’uſtenſiles & de vaiſſelle d’or & d’argent. Ils avoient cependant des loix ſomptuaires ; mais ces