Page:Raynal - Histoire philosophique et politique des établissemens et du commerce des Européens dans les deux Indes, v1.djvu/55

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pluſieurs de ſes ſucceſſeurs. L’abus exceſſif de l’autorité, avoit donné aux Anglois une extrême défiance de leurs ſouverains. On ne prononçoit chez eux le nom de roi qu’avec crainte ; & ces ſentimens, tranſmis de race en race, ont ſervi depuis à leur faire établir le gouvernement ſous lequel ils ont le bonheur de vivre. Les longues guerres, entre les maiſons de Lancaſtre & d’Yorck, avoient nourri le courage guerrier & l’impatience de la ſervitude ; mais elles avoient entretenu le déſordre & la pauvreté. C’étoit les Flamands qui mettoient alors en œuvre les laines de l’Angleterre. Ses laines, ſon plomb, ſon étain, étoient tranſportés ſur les vaiſſeaux des villes Anſéatiques. Elle n’avoit ni marine, ni police intérieure, ni uriſprudence, ni luxe, ni beaux-arts. Elle étoit d’ailleurs ſurchargée d’une multitude de riches couvens & d’hôpitaux. Les nobles, ſans aiſance, allaient de couvent en couvent, & le peuple d’hôpitaux en hôpitaux, Ces établiſſemens ſuperſtitieux maintenoient la pareſſe & la barbarie.

L’Allemagne, long-tems agitée par les querelles des empereurs & des papes, & par des guerres inteſtines, venoit de prendre