Page:Raynal - Histoire philosophique et politique des établissemens et du commerce des Européens dans les deux Indes, v6.djvu/209

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page n’a pas encore été corrigée


DES DEUX Indes. îcjî

îîommes libres fut le plus confidérable dans les contrées affnjetties , tout le tems que les conquérans furent fidèles au gouvernement qu’ils avoient cru devoir établir , pour contenir leurs nouveaux fujets & pour les garantir des invafions étrangères. Mais aulîitôt que cette inftitution lingulière , qui , d’une nation ordinairement difperfée , ne faifoit qu’une année toujours fur pied , eut perdu de fa force ; dès que les heureux rapports , qui uniffoient les moindres foldats de ce corps puiffant à leur roi ou à leur général, eurent ceffé d’exifter : alors fe forma le fyftème d’une opprefiion univerfelle. Il n’y eut plus de différence bien marquée entre ceux qui avoient confervé leur indépendance & ceux qui, depuis long-tems , gémiffoient dans la fervitude.

Les hommes libres , foit qu’ils habitâffent les villes , foit qu’ils vécuflent à la campagne , fe trouvoient placés dans le domaine du roi ou fur les terres de quelque baron. Tous les pofTefTeurs de fiefs prétendirent , dans ces tems d’anarchie , qu’un roturier, quel qu’il fût , ne pouvoit avoir que des |>roprictés précaires , & qui venoient origi-.