Page:Rebière - Mathématiques et mathématiciens.djvu/181

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L’étude des mathématiques peut distraire des grandes douleurs : elle absorbe l’homme tout entier.

Boiste.

Le but unique de la Science, c’est l’honneur de l’esprit humain, et, à ce titre, une question de la théorie des nombres vaut autant qu’une question du système du monde.

Jacobi.

Les mathématiques sont une forte école de logique appliquée : elles nous forment indirectement à bien raisonner : sur d’autres sujets que les nombres et les lignes.

Vous aimez, vous voulez le vrai ; il importe que vous soyez pénétrés de la méthode à l’aide de laquelle on le découvre et on l’établit. Cette méthode est la même, qu’il s’agisse des plus hautes spéculations ou des questions de la vie ordinaire ; ce n’est pas le syllogisme presque exclusivement détaillé jadis : il condamne la déduction lorsqu’elle est fautive, mais il n’apprend pas à la mettre en mouvement, pour augmenter la connaissance. La méthode générale, c’est l’analyse, non pas l’insuffisante analyse de Condillac, qui se borne à décomposer le tout en ses parties pour le mieux étudier, mais cette analyse plus large et plus féconde que les Anciens nous ont transmise.

Chaque fois que l’esprit veut chercher ou prouver, il substitue à plusieurs reprises à la chose en question