Page:Reclus - L'Homme et la Terre, tome III, Librairie universelle, 1905.djvu/151

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mérou, montagne sacrée

soit à l’aube, au soleil de midi ou au crépuscule, s’y joue en couleurs
Musée Guimet.Cl. Giraudon.
indra
ancien dieu védique du ciel et de l’atmosphère ; également un dieu guerrier, protecteur des Aryens.
et en nuances merveilleuses, plus belles que les gemmes et les métaux. Sur les flancs du Kailas, les pèlerins désignent les grottes d’où bondissent les quatre animaux mythiques, le lion, le cheval, la vache et l’éléphant, — d’autres disent le paon. Ces quatre animaux sont les symboles des quatre fleuves, le Satledj, l’Indus, la Gangâ et le Tsang-bo, divergeant vers les quatre points de l’espace. D’ailleurs la légende s’est fréquemment modifiée depuis que le Râmâyana cita pour la première fois le nom de la divine montagne Mérou. Lorsque la société hindoue se fut momifiée dans les étroites bandelettes de castes inviolables, on voulut voir dans les quatre faces de la montagne, dans les quatre animaux et les quatre sources de couleurs et de liqueurs différentes les archétypes des quatre castes, suivant l’ordre de préséance[1].

La légende du paradis et des fleuves divergents ne fut pas la seule importation chaldéenne, la tradition du déluge se présente également

  1. F. Lenormant, Les Origines de l’Histoire, tome II, p. 20.