Page:Reclus - L'Homme et la Terre, tome III, Librairie universelle, 1905.djvu/287

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polythéisme chrétien

tienté, le culte de l’épouse du charpentier l’emporta sur celui de Dieu, c’est que les antiques adorations s’étaient perpétuées. Il fallait une héritière aux déesses païennes d’autrefois. Les Aphrodite et les Artemis, les Démêter et les Pallas Athéné avaient longtemps gardé les hommages des fidèles ; elles continuèrent de les recevoir, quoique sous d’autres noms, et même elles ne perdirent point les vocables par lesquels le peuple les avait invoquées : ce furent toujours les Panagies ou Saintes par excellence, les « Notre-Dame » et les « Bonne Mère ». Sans doute l’Église, changeant officiellement les dieux et la hiérarchie céleste, ne se laissa point aller à voir mille déesses antiques dans l’auguste Mère de sa liturgie, mais les adorateurs s’adressaient chacun à la puissance différente, à la déesse spéciale qui s’était réservé telle ou telle part de gouvernement dans les affaires humaines : les fils invoquaient la patronne qui avait secouru leurs aïeux.

D287- Rome. ruines du palais des Sévères -liv3-ch1.jpg

Cl. Alinari.

rome. ruines du palais des sévères sur le palatin

De même que les dieux, les symboles religieux s’étaient également conservés et ne se modifièrent que par lente évolution. Ce que les écrivains indiquaient naguère comme des symboles particuliers à la