Page:Reclus - L'Homme et la Terre, tome III, Librairie universelle, 1905.djvu/423

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mise en scène à la cour de bysance

pauvre, dénonçant héroïquement les malversations, les turpitudes et les crimes de la cour impériale. À côté de ce grand homme, d’autres pères de l’Église devinrent célèbres, soit par leur courage, soit par
ravenne — sarcophage de l’archevèque theodose
église de apollinare in classe
leur éloquence ou leur savoir, mais nombre d’entre eux, bien qu’ayant eu la chance de se maintenir sans mésaventure dans le giron de la catholicité, même de figurer au nombre des saints dans les annales ecclésiastiques, avaient introduit des interprétations risquées de tel ou tel dogme de la foi : quoique béatifiés depuis, ils n’en étaient pas moins des hérétiques. En ce subtil Orient, héritier de l’Inde, de la Perse, de la Syrie, de l’Égypte, de la Grèce, toutes contrées dont les peuples avaient l’esprit également assoupli aux problèmes de la pensée et la parole exercée aux finesses de l’expression, les discussions devaient être fort vives et les interprétations infiniment diverses. Les opinions différant de celles du troupeau des évêques, les explications contraires aux textes que l’on avait votés ou cru voter dans les conciles devaient naître par centaines et par milliers. Toute pensée libre n’est-elle pas, par cela même, une hérésie ?