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refoulement des chrétiens

civilisés du littoral mauritanien, aurait été repoussée vers le sud lors des invasions arabes, et par suite de cette impulsion se serait encore fait sentir en plein Sahara au commencement du dixième siècle, puisque la ville de Siddrata fondée à cette époque par des fugitifs berbères ne présente dans son architecture et dans les ornements de ses édifices rien qui rappelle l’art oriental.

D461- biskra. désert et oasis. -liv3-ch4.jpg

Cl. Kuhn, édit.

biskra. désert et oasis.


Les restes de sculptures berbères que l’on trouve dans les fouilles de cette ville du désert, voisine de la Ouargia actuelle, ressemblent d’une manière remarquable aux fragments chrétiens plus vieux de quatre ou cinq siècles recueillis dans les monuments du littoral, de Tunis à Oran, ainsi qu’aux constructions de la même époque appartenant au nord de la Méditerranée. C’est au onzième siècle, lors d’une deuxième invasion arabe, que l’Afrique, finalement détachée de l’Occident chrétien, aurait complètement cessé de vivre sur le vieux fond de la civilisation romaine[1].

Des faits analogues ont été observés dans les montagnes des

  1. Blanchet, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres.