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slaves, bulgares et lapons

langage des peuples occidentaux, est devenu l’une des expressions les plus mal sonnantes, et, jusque dans le Brésil lointain, les Indiens Bugres, qui furent longtemps la terreur des colons portugais, sont encore désignés d’après l’appellation du peuple ougrien. Traversant une première fois le Danube en 498, les Bulgares furent pendant plus
sacramentaire de drogon, fils de charlemagne
(Ivoire sculpté.)
de quatre siècles un danger permanent pour l’empire d’Orient ; en 814, ils se heurtent aux murs de Constantinople ; un siècle après, Basile II l’Arménien reçoit le titre de « Tueur de Bulgares », bien justifié par ses massacres atroces. Mais, quand même, les Bulgares, christianisés entre temps, se maintiennent au sud du Danube, quoique tellement mélangés à d’autres arrivants que l’origine ougrienne a disparu : ils sont devenus des Slaves par la langue et les mœurs, comme leurs voisins les Russes.

D’autres populations de souche finnoise, qui avaient pénétré aussi dans les plaines de l’Europe orientale, ont pu rester, sinon pures, du moins avec une cohérence nationale suffisante pour demeurer nettement distinctes jusqu’à nos jours, conservant leurs idiomes ainsi qu’une part caractéristique de leurs anciennes mœurs. Parmi ces Finnois, les Sams ou Lapons occupent une place tout à fait spéciale par l’effet des conditions géographiques auxquelles ils ont été soumis.