Page:Recueil des Historiens des Gaules et de la France, tome1.djvu/13

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PRÆFATIO.


sons pour se dispenser d’un travail, dont lui seul peut-être eût été capable, résista constamment aux solicitations du Prélat qui le pressoit de s’en charger.

Enfin, M. Daguesseau fut nommé Chancelier de France. Les Savans qui n’avoient pas pris moins de part à son élevation que les Ministres de la Justice, sentirent croître leurs forces avec leurs esperances. La Collection de nos Historiens fut une des premières entreprises que M. le Chancelier leur proposa pour exercer le zéle qu’ils lui montraient. Dans des Assemblées où il présidoit, on délibéra sur la maniere de l’exécuter ; et l’on convint d’un nouveau plan, qui étoit le résultat de plusieurs Mémoires dressés par des personnes choisies. Le laborieux et savant P. le Long, de l’Oratoire, se préparait à le suivre. Qui connoissoit mieux que lui les sources de notre Histoire, après les avoir indiquées dans sa Bibliothéque Historique ? Il s’appliqua tout entier à ramasser les pièces qui devoient entrer dans le Recueil qu’il méditoit : mais il mourut en 1721.

Dans ces circonstances, D. Denys de Ste Marthe fit agréer au Ministère que la Congrégation de S. Maur, dont il étoit Supérieur Général, se saisît d’un projet qu’on avoit lieu de regarder comme abandonné : et dès l’année 1723 il jetta les yeux sur nous pour l’exécution. Nous ne pouvions justifier son choix que par l’excès de notre zéle. Qu’il nous soit donc permis de nous rendre ce témoignage, que l’ardeur avec laquelle nous embrassâmes le travail qu’on nous imposoit, ne s’est jamais rallentie, et que nous n’avons pas cessé d’y rapporter